Salaire de Jordan Bardella : l’indemnité d’un député européen

Un député européen ne négocie pas sa rémunération : elle est identique pour les 720 élus depuis le statut unique de 2009, quel que soit le pays d’élection. S’y ajoutent des indemnités de frais aux règles précises, souvent confondues avec le revenu lui-même. C’est cette confusion qui alimente l’essentiel des polémiques, sur Jordan Bardella comme sur ses collègues.
| Indemnité parlementaire | identique pour tous les élus |
| Base de calcul | part du traitement d’un juge de la Cour de justice |
| Imposition | à la source par l’Union, puis éventuellement nationale |
| Indemnité de frais généraux | forfaitaire, pour le bureau et l’activité locale |
| Enveloppe collaborateurs | versée aux assistants, jamais à l’élu |
Une indemnité unique depuis 2009
Avant cette date, chaque député européen était payé par son État selon les règles de son parlement national, ce qui créait des écarts considérables entre voisins de siège. Le statut unique a aligné tout le monde sur une fraction du traitement de base d’un juge de la Cour de justice de l’Union.
La conséquence pratique est qu’aucune négociation individuelle n’existe, et qu’un élu français, allemand ou roumain perçoit exactement le même montant. Toute affirmation présentant un député comme mieux payé qu’un autre au titre de son mandat est fausse par construction.
Les indemnités de frais ne sont pas un revenu
C’est la source d’erreur principale. L’indemnité de frais généraux couvre le bureau en circonscription, le matériel et les dépenses de mandat. L’indemnité de séjour est versée par jour de présence attestée. Aucune des deux n’est un salaire, et les additionner à l’indemnité parlementaire produit un total qui ne correspond à rien.
L’enveloppe destinée aux collaborateurs est le cas le plus mal compris : elle est versée directement aux assistants, qui sont des salariés du Parlement ou de prestataires, et ne transite jamais par le compte de l’élu.
Le contrôle de l’assiduité
L’indemnité de séjour est conditionnée à la signature du registre de présence. Un élu absent ne la perçoit pas, et des retenues s’appliquent sur l’indemnité de frais généraux en cas d’absentéisme caractérisé aux votes. Les taux de présence sont publics, ce qui rend ces débats vérifiables.
La fiscalité, deux étages
L’indemnité est d’abord imposée à la source au profit du budget de l’Union, à un taux progressif propre aux fonctionnaires européens. Chaque État peut ensuite y appliquer sa propre imposition, et la France le fait, avec un mécanisme d’élimination de la double imposition.
Il en résulte qu’un net européen ne se compare pas à un net français ordinaire : les prélèvements ne suivent ni le même barème ni la même assiette. C’est une raison de plus de se méfier des tableaux comparatifs qui circulent.
Ce qui peut s’y ajouter, et ce qui l’interdit
Un mandat européen peut se cumuler avec certaines activités, dans des limites encadrées et sous obligation de déclaration. Ce sont ces activités annexes, et non le mandat, qui creusent les écarts de revenus entre élus.
- Déclaration d’intérêts obligatoire, publique, listant les activités extérieures et leurs revenus par tranches.
- Incompatibilités strictes avec un mandat national et avec certaines fonctions publiques.
- Indemnité transitoire en fin de mandat, limitée dans le temps et fonction de la durée d’exercice.
- Régime de retraite propre aux élus européens, distinct du régime général français.
Vérifier plutôt que croire
Les déclarations d’intérêts, les registres de présence et les montants du statut sont publics et consultables. Un chiffre avancé sans référence à l’une de ces sources n’a aucune valeur, quelle que soit sa provenance.
Pour situer ces montants dans la réalité française, le baromètre des salaires donne la médiane et les déciles, et notre simulateur de salaire permet de convertir un brut en net sur une base comparable. Sur les rémunérations publiques, voyez aussi le salaire des hauts fonctionnaires.





