Le conflit social autour de la Maison Colibri à Pons secoue la Charente-Maritime. Face à la menace de fermeture de cette biscuiterie emblématique, la CGT dénonce un véritable sabotage de l’emploi local orchestré par le groupe Roullier. Entre appels à la mobilisation, accusations virulentes et soutien sans faille des salariés, la bataille pour préserver l’industrie locale fait rage dans cette région. Un affrontement qui interroge profondément sur la stratégie des grands groupes face au marché du travail régional.
Comment la CGT interprète-t-elle la fermeture annoncée de Colibri à Pons ?
Depuis l’annonce du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) en octobre 2024, la CGT n’a de cesse de dénoncer une stratégie préméditée du groupe Roullier visant à saboter l’emploi local. Maison Colibri, installée à Pons depuis 1896, emploie aujourd’hui 68 salariés en CDI. Pourtant, ce joyau de l’industrie alimentaire locale se retrouve menacé de fermeture, un choc pour la Haute Saintonge et l’ensemble de la Charente-Maritime.
La CGT met en lumière une stratégie bien rodée : depuis l’acquisition de l’usine en 2011, le groupe aurait volontairement affaibli le site en investissant ailleurs, comme à Brest, pour y transférer la production. Une décision qui semble plus guidée par des intérêts financiers que par la volonté de soutenir l’emploi local. La lettre ouverte du syndicat, adressée aux élus et au ministère, ne laisse subsister aucun doute sur l’accusation de sabotage contre Colibri et l’avenir industriel de Pons.
Quels sont les enjeux du conflit social et les réponses du gouvernement ?
Au cœur de ce conflit social, la question de l’emploi local et du marché du travail en Charente-Maritime résonne fortement. Les salariés de Colibri, bien que suspendant provisoirement leur grève, restent mobilisés et soutenus activement par la CGT, qui exhorte les pouvoirs publics à interdire la fermeture. Pourtant, la réponse ministérielle apparaît pour le moins décevante : le ministre de l’Économie évoque la nécessité d’« industrialiser » davantage les entreprises agroalimentaires, évoquant la décarbonation et la robotisation comme réponses aux défis énergétiques – un discours qui sonne creux pour les travailleurs directement impactés.
Par ailleurs, la création annoncée d’un « fonds d’industrie » pour soutenir les entreprises du secteur ne convainc pas la CGT et ses alliés. Ce fonds est perçu comme une redistribution supplémentaire d’argent public à des groupes qui, selon le syndicat, mènent des politiques préjudiciables à l’emploi local. L’enjeu dépasse largement la simple fermeture d’une usine : il pose la question du rôle de l’État face à des industriels qui privilégient la rentabilité au détriment de l’ancrage régional et de la pérennité des emplois.
Le plan social chez Colibri : quelle issue pour les 68 salariés ?
En décembre dernier, la Maison Colibri a dû interrompre sa production pendant deux semaines, symptôme direct d’une demande insuffisante selon l’entreprise. Cependant, pour le syndicat CGT, cette rupture d’activité s’inscrit dans un processus volontaire de démantèlement. Le PSE, désormais examiné par les services de l’État, fait planer une épée de Damoclès au-dessus des salariés. Pourtant, la priorité affirmée par Paticeo, filiale du groupe Roullier, reste la recherche d’un repreneur capable de sauver le site. Une promesse qui semble difficile à concrétiser dans ce contexte où la marque et les outils industriels sont progressivement transférés.
La question du maintien de l’industrie locale à Pons est donc cruciale. Quelles perspectives pour ces emplois menacés ? Comment s’assurer que le marché du travail régional ne soit pas fragilisé davantage ? Ces interrogations restent en suspens, même si le combat syndical reste intense. Et le pire ? Personne n’en parle vraiment, du sabordage assumé d’une industrie qui semblait pourtant promise à un bel avenir.
Quel avenir pour l’emploi et l’industrie locale en Charente-Maritime ?
Au-delà de la Maison Colibri, ce conflit social révèle une problématique plus large : celle de la survie des industries locales face aux logiques financières et globalisées. La Charente-Maritime, avec un tissu industriel fragile, ne peut se permettre de perdre des entreprises historiques sans mettre en péril le marché du travail régional. L’activisme de la CGT illustre cet enjeu : défendre l’emploi local, oui, mais aussi préserver le savoir-faire et la dynamique économique d’un territoire.
La mobilisation reste donc de mise, avec des actions prévues et un dialogue social tendu. Le syndicat réclame non seulement la sauvegarde des emplois chez Colibri mais aussi une réflexion plus globale sur les stratégies industrielles du groupe Roullier. L’heure est à la vigilance, au-delà des apparences de modernisation, pour garantir un avenir viable à cette industrie locale qui façonne l’identité de Pons.
Alors, vous pensiez tout savoir sur Charente-Maritime : la CGT accuse Colibri à Pons de saboter l’emploi local ? Le dossier est loin d’être clos, et les luttes sociales qui s’y déploient rappellent que la défense du travail et de l’industrie locale est un combat toujours renouvelé.




