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Quelle est la durée moyenne d’un bilan de compétences ?

Gabriel Richard 21.08.2025 · 6 min à jour le 27.08.2026
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Le code du travail plafonne le bilan de compétences à 24 heures. C’est la seule durée que le texte impose : tout le reste, le nombre de séances, leur espacement, le calendrier sur lequel elles s’étalent, relève de la convention passée avec l’organisme. En pratique, la majorité des parcours tiennent en 16 à 24 heures réparties sur huit à douze semaines. Voici comment ces heures se répartissent, et les délais réglementaires qui encadrent la démarche.

Vingt-quatre heures au maximum, réparties sur trois phases

L’article R6313-4 du code du travail fixe le plafond et impose la structure : phase préliminaire, phase d’investigation, phase de conclusions. Aucune de ces phases ne peut être supprimée, et l’organisme doit être un prestataire extérieur : un employeur n’a pas le droit de conduire lui-même le bilan de ses salariés.

PhaseCe qui s’y faitDurée observée
PréliminaireAnalyse de la demande, définition du format, engagement du bénéficiaire2 à 4 heures
InvestigationTests, entretiens, exploration des pistes, confrontation au marché12 à 16 heures
ConclusionsRestitution, document de synthèse, plan d’action2 à 4 heures

La phase d’investigation absorbe les deux tiers du volume. C’est elle qui distingue un bilan sérieux d’un simple entretien d’orientation : elle seule permet de tester une hypothèse de reconversion contre la réalité d’un secteur, en croisant les résultats des évaluations avec des enquêtes métier et des rencontres de professionnels.

Ce que les 24 heures ne comptent pas

Le décompte porte sur le temps accompagné : entretiens en présentiel ou en visioconférence, passation de tests encadrée. Le travail personnel entre deux séances, la rédaction de son parcours, la préparation des enquêtes métier, s’ajoute au volume officiel et pèse souvent autant. Un bilan de 24 heures accompagnées demande donc, en réalité, une quarantaine d’heures d’implication.

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Cette frontière est devenue une règle de financement. Depuis février 2026, le compte personnel de formation ne prend en charge que les heures d’accompagnement dispensées par l’organisme : les heures de travail personnel et de recherche ne peuvent plus être facturées. Un devis qui gonfle son volume horaire avec du travail en autonomie est donc, désormais, un devis non conforme.

Ce hors-champ explique pourquoi deux bilans annoncés à la même durée peuvent tenir des rythmes très différents. Avant de signer, la question utile n’est pas « combien d’heures ? » mais « combien de rendez-vous, de quelle durée, et qu’attend-on de moi entre chacun ? ».

Sur combien de semaines étaler ces heures

Le rythme le plus répandu tient en une séance de deux heures par semaine, ce qui place un bilan complet entre huit et douze semaines. Cet étalement n’est pas une contrainte logistique : c’est ce qui laisse le temps aux enquêtes métier d’aboutir et à un projet de se stabiliser entre deux rendez-vous.

Deux variantes existent. La formule intensive comprime le parcours sur trois à quatre semaines, avec des séances de trois heures : elle convient à qui doit trancher vite, entre deux contrats ou avant une échéance de mobilité interne. La formule étendue étire les mêmes heures sur quatre à six mois, avec des séances plus espacées : elle convient à un projet lourd, création d’entreprise ou reprise d’études longues, qui demande des vérifications successives.

Format intensif3 à 4 semaines
Format standard8 à 12 semaines
Format étendu4 à 6 mois
Volume accompagné, dans tous les cas24 heures au plus

Au-delà de six mois, l’expérience des organismes converge : le fil se perd, les tests passés au départ ne reflètent plus la situation, et la phase de conclusions se fait sur des données périmées. Un bilan qui traîne est un bilan qui se refait.

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Les délais réglementaires à connaître

Trois délais s’ajoutent à la durée du bilan lui-même et déterminent la date à laquelle il peut réellement commencer.

  • Dix jours de réflexion. Quand le bilan passe par le plan de développement des compétences de l’entreprise, le salarié dispose de dix jours pour accepter la convention tripartite. Son silence vaut refus, et le refus ne peut pas lui être reproché.
  • Trente jours de réponse de l’employeur. Sur une demande d’autorisation d’absence, l’employeur a trente jours pour donner son accord ou motiver un report, qui ne peut pas excéder six mois.
  • Cinq ans de franchise sur l’absence. Un salarié qui a bénéficié d’une autorisation d’absence pour un bilan ne peut pas en demander une autre avant cinq ans, sauf changement d’employeur.
  • Cinq ans de franchise sur le financement. Depuis février 2026, le compte personnel de formation ne finance un bilan que si aucun autre bilan n’a été pris en charge dans les cinq années précédentes, ni par le CPF, ni par France Travail, l’État, une région ou un opérateur de compétences.

Ces deux délais sont distincts et se cumulent. Le premier ne bloque que l’absence rémunérée : un bilan mené hors du temps de travail y échappe, et reste confidentiel vis-à-vis de l’employeur. Le second bloque la prise en charge elle-même, quelle que soit la source du financement antérieur. C’est la nouveauté de 2026, et elle surprend surtout les salariés qui avaient fait un premier bilan payé par leur entreprise.

Dans le même mouvement, la prise en charge par le CPF est plafonnée à 1 600 €. Au-delà, la différence reste à la charge du bénéficiaire ou d’un cofinanceur.

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Combien de temps les documents sont conservés

L’article R6313-7 impose la destruction de tous les documents produits dès le terme de l’action. Deux exceptions : le document de synthèse, conservé trois ans, et les autres pièces si le bénéficiaire donne un accord écrit motivé par un besoin de suivi. Le bénéficiaire reste dans tous les cas le seul destinataire de la synthèse : elle n’est transmise à l’employeur ou au financeur que s’il le décide lui-même.

Pendant ou hors du temps de travail : ce que ça change

C’est le vrai facteur d’allongement. Réalisé hors du temps de travail, le bilan n’exige aucune démarche auprès de l’employeur, mais il se cale sur des soirées et des samedis, ce qui espace naturellement les séances et pousse vers douze semaines ou plus.

Réalisé pendant le temps de travail, il suppose une autorisation d’absence et donc les trente jours de réponse, plus un report possible de six mois. Le calendrier de réalisation est ensuite plus court, mais le délai avant démarrage rallonge d’autant. Le salaire est maintenu pendant les heures d’absence.

Le congé de bilan de compétences en tant que tel n’existe plus depuis 2019 : c’est le compte personnel de formation qui a pris le relais, avec la confidentialité qui va avec.

Préparer la suite

La durée est un paramètre parmi trois. Les deux autres sont le budget et le financement, que nous traitons à part : le coût d’un bilan de compétences détaille les tarifs pratiqués selon le format, et le guide des aides au financement passe en revue le compte personnel de formation, le plan de l’entreprise et les dispositifs régionaux.

Si vous êtes inscrit à France Travail, le bilan de compétences France Travail obéit à un circuit de prescription différent, avec ses propres délais. Et pour un parcours à distance, le bilan de compétences en ligne raccourcit souvent le calendrier en supprimant les temps de déplacement.