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Démission pour projet personnel : quelle indemnisation en 2026 ?

Gabriel Richard 24.08.2026 · 4 min

Démissionner pour un projet personnel (voyage, changement d’air) ne donne aucun droit à l’allocation chômage. Seul un projet professionnel reconnu — formation, création ou reprise d’entreprise — permet de toucher l’ARE après une démission, selon les règles du dispositif démission-reconversion créé le 1er novembre 2019.

Projet personnel ou projet professionnel : la distinction qui change tout

France Travail ne verse jamais d’allocation pour un départ motivé par un projet strictement personnel, comme partir vivre à l’étranger ou prendre une année sabbatique. Un projet professionnel — formation qualifiante, création d’entreprise, reprise d’activité — entre dans le cadre du dispositif démission-reconversion.

Type de démissionIndemnisation ARECondition principale
Projet personnel (voyage, convenance)NonAucune, hors motif légitime
Projet professionnel (reconversion, création d’entreprise)Oui, sous conditionsValidation CPIR + caractère réel et sérieux
Démission légitime (déménagement conjoint, violences, etc.)Oui, automatiqueMotif listé par l’assurance chômage

Conditions à remplir pour la démission-reconversion

Pour prétendre à l’ARE, le salarié doit être en CDI du secteur privé et justifier d’au moins 1 300 jours travaillés sur les 60 mois précédant la démission (environ 5 ans continus). Les congés sans solde ne comptent pas.

Le projet doit présenter un caractère « réel et sérieux » : devis de formation, business plan, démarches engagées. La commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR), pilotée par Transitions Pro, évalue ce caractère sur éléments concrets.

Comment toucher le chômage après démission pour création d’entreprise ?

La création ou reprise d’entreprise figure au même titre que la formation. Le salarié doit démontrer que son projet est suffisamment abouti avant de démissionner. Un statut déposé au greffe, un prévisionnel financier ou des devis fournisseurs renforcent le dossier. L’ARE se calcule ensuite sur les salaires des 12 derniers mois.

Découvrir cet article :  paiement salaire fonctionnaire : comment connaître les dates et montants en 2025 ?

Démarches étape par étape

  • Solliciter un conseil en évolution professionnelle (CEP) auprès d’un opérateur habilité avant la démission, sinon le dossier est irrecevable ;
  • Construire le dossier avec l’aide du CEP ;
  • Déposer le dossier auprès de la CPIR/Transitions Pro, qui statue sur le caractère réel et sérieux ;
  • Démissionner une fois l’attestation de validation obtenue ;
  • S’inscrire à France Travail dans les 6 mois suivant l’attestation pour ouvrir les droits à l’ARE.

Le site demission-reconversion.gouv.fr recense les contacts et permet de vérifier l’éligibilité.

Montant et durée de l’indemnisation

L’ARE se calcule comme pour un licenciement, sur la base du salaire journalier de référence des 12 derniers mois. Pour un salarié ayant perçu 2 200 euros brut mensuels, l’allocation journalière représente généralement 60 à 70 % du salaire journalier de référence, soit environ 1 200 à 1 400 euros net mensuels.

Autres cas de démission légitime

Certaines démissions ouvrent droit au chômage sans passer par la CPIR : déménagement pour suivre un conjoint muté, mariage ou Pacs entraînant un changement de résidence, élever un enfant handicapé. Ces situations ne nécessitent ni CEP ni validation préalable. Notre article sur la démission légitime pôle emploi détaille l’ensemble des motifs reconnus.

En cas de refus de la CPIR

En cas de refus, le salarié dispose de deux mois pour demander un réexamen en apportant des éléments complémentaires. Un rejet définitif permet de solliciter l’instance paritaire régionale (IPR) de France Travail après quatre mois de chômage non indemnisé.

Questions fréquentes

Quelles sont les indemnités dues en cas de démission ?

Une démission classique n’ouvre droit à aucune allocation chômage. Seules les indemnités légales (congés payés non pris, éventuel préavis) sont dues par l’employeur.

Découvrir cet article :  Droit d’option pole emploi : faut-il changer d’allocation chômage en 2025 ?

Quelle est la différence entre démission légitime et démission-reconversion ?

La démission légitime couvre des situations personnelles listées et ouvre l’ARE automatiquement. La démission-reconversion concerne un projet professionnel validé préalablement par la CPIR.

Peut-on démissionner pour projet personnel et toucher le chômage ?

Non, sauf si ce projet correspond à l’un des motifs légitimes reconnus (suivre un conjoint, mariage, enfant handicapé). Un voyage ou envie de changement ne suffit pas.

Quels sont les motifs de démission donnant droit au chômage ?

Trois voies existent : la démission légitime, la démission-reconversion validée par la CPIR, et la démission en cours d’indemnisation après reprise d’un emploi de moins de 65 jours.

Sources

  • France Travail : « Je veux démissionner et j’ai un projet de reconversion professionnelle »
  • Unédic : « Démission pour poursuivre un projet professionnel », unedic.org
  • Trouver ma formation (Carif-Oref de Normandie) : « Indemnisation des démissionnaires avec un projet de reconversion professionnelle »
  • Transitions Pro Grand Est : « Peut-on toucher le chômage dans le cadre d’une reconversion professionnelle ? »
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