Équipe de France : combien gagne vraiment le sélectionneur ?

Selon Ouest-France, ce 16 juillet 2026, la signature imminente de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France relance une question longtemps taboue : combien gagne vraiment le sélectionneur des Bleus ? Didier Deschamps touche 3,8 millions d’euros brut par an, un montant qui révèle bien plus qu’un simple salaire. Il incarne une tension croissante entre les ambitions sportives et un nouveau cadre légal qui pourrait remodeler le football français.

La structure réelle de la rémunération

Le chiffre de 3,8 millions cache une architecture complexe. Son salaire fixe mensuel oscille entre 275 000 € et 300 000 € brut, versé par la FFF indépendamment des résultats. Mais c’est sur la part variable que réside la vraie mécanique. Pour chaque match officiel disputé, il touche une prime de match de 22 000 €, identique à celle des joueurs. Une dizaine de matchs annuels représentent donc 220 000 à 300 000 euros supplémentaires.

Au-delà des matchs, une prime de qualification (Euro, Mondial) oscille entre 500 000 € et 700 000 €, une prime de parcours en phase finale (quarts/demi/finale) va de 200 000 € à 1 million €, et un bonus spécial en cas de victoire peut atteindre 4 millions € supplémentaires. La Coupe du monde 2018 avait généré des primes massives, tandis que lors de la Coupe du monde 2022, la finale atteinte par les Bleus a permis à Deschamps de percevoir une prime de 290 000 euros.

En année exceptionnelle, le total peut fléchir jusqu’à 5 millions d’euros. Après impôts (tranche 45 %) et charges, le revenu net disponible est estimé à environ 1,2 million d’euros. La fiscalité française ampute fortement la rémunération brute, une réalité que les joueurs expatriés évitent par des régimes spéciaux.

L’arrivée de Zidane change les règles du jeu

L’ancien joueur et entraîneur du Real Madrid va toucher 300 000 euros minimum par mois, ce salaire pouvant atteindre 450 000 euros par mois avec les primes. Ce qui semble une augmentation modeste par rapport à Deschamps révèle un enjeu législatif majeur. La gouvernance du sport professionnel en France impose désormais un plafond annuel brut de 450 000 euros pour les salaires des employés des fédérations, une mesure censée limiter les dérives budgétaires.

Didier Deschamps percevait 3,8 millions d’euros bruts par an – soit près de huit fois le plafond légal. Mais le plafond ne s’applique pas rétroactivement : la réforme ne s’appliquait pas rétroactivement et les contrats en cours restaient valables. Pour Zidane, nouveau contrat signifie nouvelle règle. Une dérogation surnommée la « Loi Zidane » permet de contourner le plafond pour des profils d’exception, et le ministère n’a jamais refusé ce type de demande dans le sport de haut niveau.

La FFF a décidé de ne pas passer par son comité exécutif pour faire valider ce changement exceptionnel, et Philippe Diallo pousse pour que la signature soit effectuée avant le 21 juillet, pour éviter de rendre des comptes sur cette dépense auprès du gouvernement. Une course contre la montre législative.

Un positionnement mondial modéré mais prestigieux

Au niveau européen, Didier Deschamps occupe la quatrième place des sélectionneurs les mieux payés, se situant juste derrière Gareth Southgate pour l’Angleterre, Julian Nagelsmann pour l’Allemagne et Roberto Martínez pour le Portugal. Ce classement reflète la stratégie de la FFF : compétitif sans surenchère.

Le fossé avec les entraîneurs de clubs reste béant. Les plus grands entraîneurs de clubs comme Guardiola, Ancelotti ou Klopp perçoivent des salaires annuels deux à cinq fois supérieurs, en raison du volume de matchs, du budget des clubs et de la pression quotidienne. Deschamps dirige les Bleus par séquences intenses, quelques matchs majeurs par an. Les entraîneurs de Premier League, même secondaires, surpassent souvent le sélectionneur français.

Cette différence explique aussi pourquoi le poste, prestigieux, demeure financièrement fragile. La précarité intrinsèque du poste — une élimination précoce, une crise interne ou une polémique médiatique peuvent coûter l’avenir d’un cycle, et la rémunération compense en partie ce stress et cette exposition.

L’évolution depuis 2012 : une hausse de 90 %

Lors de son arrivée à la tête des Bleus en 2012, Deschamps percevait un salaire de 1,2 million d’euros bruts. Quatorze ans plus tard, ce montant a triplé. L’évolution résulte non seulement de ses succès sportifs retentissants, mais aussi de l’accroissement global de la valorisation économique du football international.

Chaque reconduction de contrat a marqué une étape. Après 2018 et la victoire mondiale, après 2022 et la finale au Qatar, la FFF a consolidé son investissement dans la stabilité de son sélectionneur. Ce modèle contraste avec les licenciements à répétition d’autres fédérations, souvent plus coûteux à long terme.

Questions fréquentes

Quel est le salaire net de Deschamps après impôts ?

Sur 3 millions d’euros sortis des caisses de la FFF, le montant net disponible après impôts pour Didier Deschamps se situe aux alentours de 1,2 à 1,4 million d’euros. Les résidents fiscaux français ne bénéficient pas des régimes d’expatriés que peuvent négocier les joueurs.

Zidane sera-t-il mieux payé que Deschamps ?

Zidane va toucher 300 000 euros minimum par mois, pouvant atteindre 450 000 euros avec les primes, un montant légèrement supérieur à celui de Didier Deschamps. Cependant, les primes incluent également les enveloppes de staff élargi que demande l’ancien entraîneur du Real Madrid.

Pourquoi le ministère des Sports a-t-il un droit de regard ?

Pour que le prochain coach des Bleus gagne plus de 450 000 euros par an, la Fédération française de football devra s’en remettre au ministre des Sports en poste, car le gouvernement aura un droit de regard sur les émoluments du sélectionneur de l’équipe de France.

Deschamps gagne-t-il plus que les autres sélectionneurs ?

Deschamps figure au quatrième rang mondial, derrière Flick (Allemagne), Southgate (Angleterre) et Martínez (Portugal). Il gagne bien plus que les entraîneurs de clubs moyens, mais bien moins que Guardiola ou Ancelotti. Le prestige de l’équipe de France ne se traduit pas en salaire maximum.

À retenir

  • Didier Deschamps touche 3,8 millions d’euros brut par an, dont 2,5 millions de salaire fixe
  • Son salaire fixe mensuel oscille entre 275 000 € et 300 000 € brut
  • Après impôts (tranche 45 %), le revenu net disponible est estimé à environ 1,2 million d’euros
  • Zidane va toucher 300 000 euros minimum par mois, pouvant atteindre 450 000 euros avec les primes, nécessitant une dérogation gouvernementale
  • Un plafond annuel brut de 450 000 euros s’impose aux employés des fédérations depuis la réforme de la gouvernance du sport

Sources

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Gabriel Richard

Directeur des ressources humaines avec 20 ans d’expérience, passionné par le développement des talents et la création d’environnements de travail inclusifs. À 45 ans, j’accompagne les équipes et les managers pour faire grandir les organisations, en plaçant l’humain au cœur de la stratégie d’entreprise.

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