Salaire median suisse : découvrez combien gagnent vraiment les travailleurs en 2025

Le salaire médian suisse s’établit à 7 024 francs bruts par mois pour un emploi à plein temps. C’est le chiffre de l’enquête sur la structure des salaires menée par l’Office fédéral de la statistique, publiée le 25 novembre 2025 et portant sur l’année 2024. Médian signifie qu’un salarié sur deux gagne moins, un sur deux davantage : ce n’est pas une moyenne, que les très hauts revenus tireraient vers le haut.
Ce que le chiffre recouvre
Trois précisions changent complètement sa lecture. Il s’agit d’un salaire brut, avant cotisations. Il est ramené à un plein temps, ce qui neutralise l’effet du temps partiel, très répandu en Suisse. Et il couvre l’ensemble de l’économie, secteurs privé et public confondus.
La dispersion autour de cette médiane est ce qui frappe le plus. En bas de l’échelle, un salaire est considéré comme bas en dessous de 4 683 francs bruts mensuels à plein temps. Cette situation concernait 10,8 % des postes en 2024, contre 10,5 % deux ans plus tôt : la proportion remonte légèrement.
L’écart salarial entre femmes et hommes, mesuré sur les valeurs médianes, s’établit à 8,4 %, contre 9,5 % en 2022. Il se resserre régulièrement d’une enquête à l’autre.
Des écarts de branche à branche considérables
La moyenne nationale masque des mondes qui n’ont rien à voir. Entre les services personnels et l’industrie du tabac, le rapport est de plus de trois pour un.
| Branche | Salaire médian brut | Part de bas salaires |
|---|---|---|
| Industrie du tabac | 14 304 CHF | non publié |
| Banques | 10 723 CHF | 0,6 % |
| Industrie pharmaceutique | 10 159 CHF | non publié |
| Recherche et développement | 9 139 CHF | non publié |
| Ensemble de l’économie | 7 024 CHF | 10,8 % |
| Commerce de détail | 5 214 CHF | 24,6 % |
| Restauration | 4 744 CHF | 47,8 % |
| Hébergement | 4 715 CHF | 48,7 % |
| Services personnels | 4 496 CHF | 56,3 % |
La colonne de droite est la plus parlante. Dans les services personnels, plus d’un poste sur deux est un bas salaire. Dans l’hébergement et la restauration, près d’un sur deux. À l’inverse, les banques n’en comptent que 0,6 %, les assurances 0,8 % et l’administration publique 1,4 %. Ce n’est pas seulement une question de niveau : c’est une question de structure du marché du travail.
Pourquoi ce salaire ne se compare pas directement au français
Convertir 7 024 francs en euros et comparer au salaire français ne veut rien dire. Trois différences de fond l’interdisent.
- L’assurance maladie n’est pas prélevée sur le salaire. En Suisse, elle est individuelle et obligatoire, souscrite auprès d’un assureur privé, et payée séparément par le ménage. Elle représente plusieurs centaines de francs par mois et par personne, enfants compris. C’est le poste qui fausse toutes les comparaisons naïves.
- Les cotisations salariales sont bien plus légères. Vieillesse, invalidité et allocations pour perte de gain, assurance chômage, prévoyance professionnelle et accidents : l’ensemble reste très en deçà du niveau français, ce qui rapproche fortement le net du brut.
- L’impôt n’est pas prélevé à la source pour les résidents titulaires d’un permis d’établissement. Il se paie sur déclaration l’année suivante, ce qui gonfle le net apparent et impose de provisionner soi-même.
À quoi s’ajoute le coût de la vie : loyer, primes d’assurance et alimentation absorbent une part du revenu sans commune mesure avec la France. Le pouvoir d’achat réel reste supérieur, mais l’écart est très loin du rapport brut à brut.
Le cas particulier du frontalier
Un frontalier perçoit le salaire suisse mais vit avec des prix français. C’est ce qui rend ces postes si recherchés dans l’Ain, la Haute-Savoie, le Doubs et le Haut-Rhin. Deux points l’encadrent : il est imposé à la source en Suisse, avec des règles de rétrocession qui varient selon le canton, et il doit choisir entre la sécurité sociale française et l’assurance maladie suisse, dans un délai strict après l’embauche. Un choix mal fait se paie longtemps.
Faut-il un salaire minimum pour lire ces chiffres ?
La Suisse n’a pas de salaire minimum fédéral. Le peuple l’a refusé en votation en 2014. En revanche, plusieurs cantons en ont instauré un par voie de votation cantonale, à des niveaux parmi les plus élevés du monde, et de nombreuses conventions collectives fixent des minima par branche.
C’est ce qui explique qu’un même métier puisse être payé très différemment d’un canton à l’autre, à qualification égale. Avant de négocier, la seule référence utile est la convention collective de la branche dans le canton concerné, pas la médiane nationale.
Situer votre propre salaire
Pour se comparer utilement, mieux vaut partir de son propre chiffre. Notre baromètre des salaires en France donne la médiane par métier et par région, et le comparateur de métiers montre l’écart entre deux postes.
Si vous raisonnez en net, le simulateur de salaire détaille ligne à ligne ce que les cotisations françaises retirent d’un brut, ce qui permet au moins de comparer des grandeurs de même nature.


