Retraite à l’étranger : le droit de partir et les pays qui font vraiment gagner du pouvoir d’achat

Vous partez à la retraite et vous envisagez de vous installer hors de France : votre pension vous suit où que vous alliez, c’est un droit acquis, sans démarche particulière à engager auprès de votre caisse pour le faire valoir. Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (données fin 2025), 1,053 million de retraités du régime général vivent déjà hors de France ; en intégrant les régimes complémentaires, ce chiffre atteint 1,2 à 1,8 million selon les sources. Une pension de base ou complémentaire continue d’être versée à l’étranger, à une seule exception près : l’ASPA, soumise à une condition de résidence. Reste à savoir ce que votre choix de destination change réellement sur le montant net perçu et sur les démarches à anticiper.
Le droit de toucher sa pension à l’étranger, et son unique limite
Votre pension de retraite du régime général ou d’un régime complémentaire n’est pas conditionnée à une résidence en France : vous la percevez par virement international où que vous vous installiez, selon le portail Info-retraite.
La seule pension concernée par une restriction est l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), qui exige une résidence stable en France d’au moins six mois par an. Si vous vous installez au Portugal ou au Maroc, vous perdez votre ASPA, mais vous conservez intégralement votre pension de base et votre complémentaire Agirc-Arrco.
Le comparatif chiffré des destinations où les Français s’installent
Votre choix de pays repose sur cinq critères : coût de la vie, accès aux soins, fiscalité, sécurité et facilité d’intégration. Previssima détaille les arbitrages fiscaux propres à chaque zone.
| Pays | Atout principal | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Portugal | Coût de la vie inférieur à la France, système de santé de qualité | Fin du régime fiscal RNH très avantageux, fiscalité revue depuis 2023 |
| Espagne | Proximité géographique, communauté française importante | Fiscalité locale à vérifier selon la convention franco-espagnole |
| Grèce | Destination montante, coût de la vie attractif | Système de santé public inégal selon les régions |
| Bulgarie | Coût de la vie très bas, fiscalité douce | Accès aux soins concentré dans les grandes villes |
| Maroc | Proximité, fiscalité douce, accueil des retraités français | Couverture santé locale à compléter par assurance privée |
| Tunisie | Coût de la vie bas, quelques heures de vol | Stabilité politique à surveiller selon les régions |
| Île Maurice | Cadre fiscal léger | Conditions de résidence strictes |
| Sénégal | Cadre fiscal léger, accueil francophone | Conditions administratives strictes |
| Malaisie | Pays structuré pour accueillir des retraités étrangers | Éloignement, système de santé à budgétiser |
| Thaïlande | Système de santé performant, qualité de vie | Distance avec la France, démarches de visa spécifiques |
Previssima signale que la Suisse reste prisée des retraités français mais devient plus sélective, tandis que l’Italie progresse comme destination montante au même titre que la Grèce et la Bulgarie.
Fiscalité et convention : ce qui détermine où l’impôt est payé
Votre pension versée à l’étranger n’échappe pas nécessairement à l’impôt français : tout dépend de la convention fiscale bilatérale entre la France et votre pays de résidence. Previssima insiste sur ce point comme le critère le plus mal anticipé par les candidats au départ.
Deux régimes coexistent selon les conventions. Certaines prévoient une imposition exclusive dans le pays de résidence, d’autres maintiennent une imposition en France avec crédit d’impôt dans le pays d’accueil. Le Portugal illustre ce basculement : le régime du résident non habituel, exonérant largement les pensions étrangères jusqu’en 2023, a été révisé et la fiscalité y reste modérée sans être aussi favorable qu’auparavant, selon Créditconseildefrance.
Les démarches à boucler avant le départ
Trois démarches conditionnent le maintien effectif de vos versements à l’étranger : déclarer le changement de résidence et de coordonnées bancaires à votre caisse de retraite ; vérifier votre couverture maladie dans le pays d’accueil, puisque la Sécurité sociale française cesse de couvrir les soins courants hors Union européenne ; renvoyer chaque année le certificat de vie exigé par les caisses pour continuer à percevoir votre pension.
Ce certificat de vie, souvent négligé, est la cause la plus fréquente de suspension de versement : un document non renvoyé dans les délais suffit à interrompre le paiement, même si votre droit reste intact. En anticipant cette échéance, vous évitez des mois de relance administrative depuis l’étranger.
Les pays à surveiller avant de signer un bail
Tous les pays mis en avant ne se valent pas à l’usage. L’Île Maurice et le Sénégal, cités pour leur fiscalité légère, imposent des conditions de résidence strictes qui peuvent remettre en cause l’avantage fiscal si elles ne sont pas respectées. La Tunisie, appréciée pour son coût de la vie, demande une vigilance sur la stabilité politique locale selon les zones.
Concrètement, sur votre fiche de paie
| Profil | Effet concret |
|---|---|
| Retraité du privé (pension Cnav + Agirc-Arrco) | Pension maintenue intégralement à l’étranger, hors zone Union européenne l’assurance maladie française cesse de couvrir les soins courants |
| Ancien agent public | Pension versée à l’étranger selon les mêmes principes, convention fiscale du pays à vérifier au cas par cas |
| Bénéficiaire de l’ASPA | Perte de l’allocation dès que la résidence en France descend sous six mois par an |
| Retraité indépendant ou ex-libéral | Pension maintenue, couverture santé à reconstruire entièrement par assurance privée dans la majorité des pays hors UE |
Les questions qui reviennent
Le certificat de vie doit-il être renvoyé selon un rythme identique dans tous les pays ? Non, la fréquence et le mode de transmission (papier, en ligne) varient selon la caisse et parfois selon le pays de résidence : votre caisse de retraite vous précise l’échéance exacte au moment de votre changement d’adresse.
Que devient la pension de réversion en cas d’expatriation du conjoint survivant ? Elle suit le même régime que la pension principale : versée à l’étranger sans condition de résidence, sauf si elle inclut une composante ASPA.
Un retraité déjà expatrié peut-il revenir sur son choix et rentrer en France ? Oui, aucun délai minimal d’expatriation n’est imposé : un retour en France rétablit l’éligibilité à l’ASPA si les conditions de résidence sont de nouveau remplies, et n’a aucune incidence sur le versement des pensions de base et complémentaires.
Sources
- Courrier international : « Retraite : « La seule solution, c’est de déménager à l’étranger » », 28 août 2026
- Éditions Assimil : « Partir à la retraite à l’étranger : où aller ? », 9 octobre 2025
- Info-retraite (portail inter-régimes), rubrique « Retraite à l’étranger »
- Previssima : « Retraite et expatriation : où s’installer pour optimiser son niveau de vie ? », mis à jour le 4 novembre 2025
- Créditconseildefrance : « Retraite à l’étranger : quels pays privilégier et pourquoi ? », 25 juin 2025




