Aeffe : 389 salariés concernés, 221 emplois menacés et 120 licenciements en cours

389 salariés du groupe italien Aeffe, maison mère de Moschino, Alberta Ferretti et Philosophy di Lorenzo Serafini, pourraient toucher une indemnité réduite dans les prochaines semaines. Selon FashionNetwork France du 14 octobre 2026, l’entreprise envisage de les placer en activité partielle, tout en menant déjà 120 procédures de licenciement sur 221 emplois menacés. Si votre employeur traverse une situation comparable, voici ce que ce dispositif change concrètement sur votre fiche de paie, et ce qu’il ne lui permet pas de faire.
Le cas Aeffe remet sur le devant de la scène un mécanisme connu depuis la crise sanitaire mais souvent mal compris : qui décide, qui paie, combien vous touchez réellement, et pour combien de temps.
Mécanisme de l’activité partielle
L’activité partielle permet à votre employeur de réduire ou suspendre temporairement votre activité sans rompre votre contrat de travail. Ce dispositif s’adresse aux entreprises confrontées à une réduction d’activité ou une fermeture temporaire pour motifs économiques, difficultés d’approvisionnement ou circonstances exceptionnelles.
Dans le textile et la mode, la justification principale reste la conjoncture économique : baisse des commandes, ralentissement de la demande export, difficultés d’approvisionnement. Un groupe comme Aeffe, dépendant des collections saisonnières et des marchés internationaux, peut invoquer ce motif sans qu’il s’agisse d’un signal de défaillance.
Votre employeur ne peut pas vous y placer sans autorisation de la DREETS
Avant de vous placer en activité partielle, votre employeur doit consulter le comité social et économique (CSE) s’il existe, puis déposer une demande d’autorisation auprès de la DREETS. Cette démarche conditionne l’accès à l’allocation versée par l’État : sans elle, le recours à l’activité partielle n’est pas valide.
L’administration dispose d’un délai pour instruire la demande. En l’absence de réponse, l’autorisation est réputée accordée. Votre employeur doit démontrer le caractère économique de la situation et l’impossibilité de recourir à des mesures alternatives.
Indemnisation : deux flux distincts
Vous percevez une indemnité versée par votre employeur, qui remplace votre salaire pour les heures chômées. De son côté, l’employeur reçoit une allocation de l’Agence de services et de paiement (ASP) compensant partiellement ce coût, selon l’Unédic.
| Élément | Activité partielle classique | APLD |
|---|---|---|
| Public visé | Toute entreprise en difficulté conjoncturelle | Entreprises avec accord collectif, baisse d’activité durable |
| Durée maximale | Autorisation renouvelable par périodes | Jusqu’à 36 mois sur une période de référence |
| Formalité préalable | Demande d’autorisation DREETS | Accord d’entreprise ou de branche, validé par la DREETS |
| Logique | Réponse à un choc ponctuel | Accompagnement d’une mutation économique |
L’APLD (activité partielle de longue durée) se distingue par son ancrage dans un accord collectif négocié et sa durée bien plus longue, visant des réductions durables d’activité. C’est le dispositif classique, plus court, auquel Aeffe se réfère actuellement.
Combien vous touchez réellement
L’activité partielle n’est pas indemnisée à 100 % de votre salaire. Vous touchez une indemnité calculée sur base horaire, fraction de votre rémunération antérieure. Au niveau du SMIC, l’indemnisation approche le maintien intégral ; au-delà d’un certain plafond, l’écart avec votre salaire habituel s’élargit.
Exemple concret : Sophie, salariée d’atelier textile payée 1 900 euros brut mensuels, est placée en activité partielle à 50 % pendant un mois. Les heures qu’elle travaille encore sont payées normalement. Les heures chômées donnent lieu à l’indemnité, pas au salaire plein, ce qui se traduit par une baisse nette sur son bulletin de paie du mois.
L’impact dépasse cette baisse immédiate. L’activité partielle peut affecter l’acquisition de certains droits, notamment liés à l’ancienneté, un point souvent minimisé dans la communication des entreprises qui y ont recours.
Durée prévisible chez Aeffe
Une autorisation d’activité partielle classique est accordée pour une période déterminée, renouvelable si justifié. Elle ne s’étire pas indéfiniment sans nouvelle demande auprès de la DREETS. Si la baisse d’activité d’Aeffe se prolonge, l’entreprise devra négocier un accord d’APLD impliquant les représentants du personnel.
Pour les 389 salariés concernés, l’enjeu sera de connaître la durée précise de l’autorisation sollicitée, et de savoir si ce recours reste ponctuel ou annonce une restructuration plus profonde du groupe en France.
Ce que ça change pour vous
Sur 389 salariés visés par l’activité partielle chez Aeffe, 221 emplois sont par ailleurs directement menacés par 120 procédures de licenciement en cours, un chiffre qui montre que les deux dispositifs coexistent dans ce dossier sans se confondre : l’un maintient le contrat, l’autre y met fin. Si votre situation personnelle se rapproche de celle de ces salariés, retenez que l’activité partielle n’ouvre droit ni à l’allocation chômage classique ni à une inscription à France Travail, puisque votre contrat n’est pas rompu. Le dispositif n’est donc ni une garantie de maintien d’emploi à long terme, ni une procédure de licenciement déguisée : il s’agit d’un amortisseur temporaire, dont l’issue dépend de la durée de l’autorisation DREETS et d’une éventuelle négociation d’APLD.
Questions fréquentes
Pouvez-vous travailler ailleurs pendant une activité partielle ? Cela dépend des clauses de votre contrat, notamment d’une clause d’exclusivité, et nécessite dans tous les cas l’accord de votre employeur.
L’activité partielle affecte-t-elle vos congés payés ? Les heures chômées sont en principe prises en compte pour le calcul de vos droits à congés, contrairement à d’autres effets sur l’ancienneté qui peuvent varier selon votre situation.
Que se passe-t-il si la DREETS refuse la demande ? Votre employeur peut contester la décision ou adapter sa demande, mais il ne peut pas vous imposer unilatéralement l’activité partielle sans autorisation valide.
Sources
- FashionNetwork France : « Aeffe envisage le chômage partiel pour ses 389 salariés », 14 octobre 2026
- Service-public.fr : « Chômage partiel ou technique (activité partielle) : démarches de l’employeur »
- Unédic : « Activité partielle : quelles démarches ? Quel financement ? »
- Les-aides.fr / DREETS : « Allocation d’activité partielle de droit commun », mise à jour du 18 août 2026





